Nous contacter
Nico CHASSAGNE

Nico CHASSAGNE

CV

Anniversaire : 24 Décembre

Nationalité : Française

Ville : Marianne

Groupe / Nom de scène : Kyo

Genre : Pop Rock

Instruments : Guitare

Parcours

Un clin d’oeil à l’année écoulée et une page qui se tourne. Les regards de Benoît Poher, Nicolas ChassagneFlorian et Fabien Dubos sont farouchement tournés vers l’avenir.

Un bref regard dans le rétro dessinerait une déferlante aussi phénoménale que rapide. Après un album éponyme en mars 2000 et des premières parties encourageantes, les quatre gars des Yvelines ont vu leurs efforts récompensés sur l’autel du succès populaire. Le deuxième opus du combo intitulé « Le Chemin » a suivi les sentiers de la gloire. Sans vraiment s’en rendre compte, la tornade Kyo a tout balayé sur son passage. Le succès est au même moment discographique et radiophonique. Près d’un million et demi d’albums s’écoulent au total, englobant les ventes colossales du « Chemin » mais aussi la remise en bacs de leur premier album. Après le soutien de radios associatives ou de journaux locaux, Kyo s’affiche en couverture des magazines et à l’antenne des plus grandes radios nationales. Omniprésents sur l’airplay, un tube prend l’habitude d’en cacher un autre. Le Chemin, leur duo avec Sita, est suivi du torturé Dernière Danse. Refrain accrocheur et mélodie reconnaissable entre mille se doublent de clips scénarisés. Je cours, mise en scène de la détresse adolescente, ou Je saigne encore, variation autour des chaînes d’une passion destructrice, permettent aux Kyo de se forger une identité visuelle et une imagerie de groupe.

Seule preuve tangible de l’engouement : la reconnaissance du public au cours d’une tournée harassante d’une centaine de dates. Tremplins rock, dates dans le cadre du Ricard Live Tour et petites salles laissent place à une tournée à guichets fermés. Le groupe sort alors Tout envoyer en l’air et un clip réunissant des images live traduisant l’ambiance électrique de la tournée, des festivals en plein air à la sur-dimension du Dôme de Marseille. Enfin, les récompenses du métier affluent. Après quatre NRJ Music Awards glanés en clôture du MIDEM, ils se voient décerner trois Victoires de la Musique en février, mais aussi un MTV Music Award, un World Music Award et le prix Roger Seiller de la SACEM, récompensant le meilleur groupe de l’année. Happés par les chiffres et l’hystérie, ils prennent tout de même le temps de concocter « Kyosphère », un dvd qui leur permet de clore le premier chapitre de l’histoire et d’entamer une seconde étape sur des bases nouvelles. De cette vidéo, il ne faut pas retenir qu’un simple bridge project. C’est une carte d’identité où chacun a pu affirmer la réalité d’un groupe et la coexistence de quatre fortes personnalités. « Kyosphère » augurait d’un troisième album instinctif mais travaillé, transcription fidèle de dix années d’expériences musicales et esthétiques. Promesse tenue.

Certains y verront un bel album pop rock, dense et équilibré, aux mélodies d’une redoutable efficacité. Ils auront raison. Cela étant probablement dû à un univers riche en références (Tool, Deftones, Korn, Soundgarden, Pearl Jam), étoffé d’un quotidien musical plus pointu, rythmé par les américains de System Of A Down ou les écossais de Biffy Clyro, qui leur ont inspiré un album marqué par une alternance idéale entre morceaux énervés et moments plus calmes. 300 LESIONS est un album radical, brut et énergique. Contact, composé par le groupe aux deux tiers de l’enregistrement, s’impose comme une évidente rampe de lancement. Deux mesures de riffs de Flo, entrée de Nico et de la batterie de Fab aussi sur deux mesures, puis d’une basse bien présente et enfin la voix assurée de Ben : telle est l’ouverture de ce premier extrait à la frappe très rock et à la production durcie où la masse électrique côtoie des nappes de cordes lunaires. Idem pour les excellents L’enfer et surtout Sad Day où la tonalité résolument pop de l’ensemble laisse place à un vibra en ouverture et, une fois l’instrumentation évanouie, aux simples voix soufflées du groupe.

D’autres seront plus sensibles au degré d’implication du groupe concernant les différentes étapes de la création. Jamais ils ne se sont autant investis dans la réalisation d’un album. Il en découle un opus multi-facettes, une sophistication inattendue et un travail étonnant sur les transitions et l’architecture sonore. A l’évocation d’un ange et à la fin aérienne de Sarah, répond comme un écho l’évanescent et presque fantomatique Je te rêve encore. Auteurs, compositeurs, co-réalisateurs, chacun a gravi les marches de la mise en forme. Ainsi, Flo chante sur trois titres du disque, en se fendant notamment d’un Révolutions des plus réussis, un peu jazzy, emmené par une ligne de basse élégante. Ce titre joliment nonchalant est suivi de l’interlude Oméga que l’on doit entièrement à Fab, qui s’est lui aussi mis à la bidouille de son, devenant programmateur à certaines heures pâles de la nuit… Arrangements minutieux, réalisation impeccable sont donc le fruit d’un ping pong entre les quatre membres du groupe et François Delabrière, déjà co-réalisateur du CHEMIN. La pop des garçons est désormais mâtinée d’incursions electro, le temps d’un angélisme (Sarah) ou d’une voix vocodée (Sad Day). Ils ont su apprivoiser les machines et trouver un équilibre racé entre des idées de programmations originales - la plupart dues à Nico - et des compos plus classiques. Fidèles à leur partenaire du CHEMIN Matthew Vaughan, ils se sont adjoint les services de Martin Jenkins (Saez, Ocean Colour Scene) et du très demandé George Marino (Coldplay, Nickelback) pour le mastering fifi nal à New York.

Arrangements, son et image ne sont dès lors que des éléments d’un même projet global. Ben décide d’accompagner l’album de son écho visuel, le projet prenant la forme d’un court métrage dont il a co-écrit le scénario avec l’ami Mark Maggiori (Pleymo), clippeur attitré du groupe, et développant l’univers de Sarah, probablement le plus beau titre de l’album. Après une intro aux accents dissonants, les Kyo y décrivent une jeune fille d’aujourd’hui liée à une figure biblique souveraine, épouse d’Abraham, mère de toutes les femmes, supportant le poids de la naissance, de la douleur et de l’espoir. Si Benoît, probablement le plus investi dans l’écriture, déclare aisément se sentir dorénavant plus auteur, moins dirigé par la contrainte, on est pourtant surpris par la concision et la densité de textes comme Sarah ou Révolutions où la musique semble presque secondaire, seulement là pour appuyer le propos aiguisé d’un groupe en quête permanente de l’originalité. Seul air connu, le très scène Respire, toutes guitares dehors, largement plébiscité par le public lors de la tournée. Reprenant à leur compte l’impératif déjà utilisé par Mickey 3D, ils témoignent ainsi par ce biais de l’importance dans leur jeune carrière de la tournée 2004.

La cohérence du concept est respecté jusqu’au titre : 300 LESIONS. Titre parfait pour monde imparfait. Nourri de brèches inavouables et de cicatrices visibles, le regard des Kyo est toujours mélancolique et un rien désabusé… Le titre fait sens, réminiscence d’un poème écrit par le groupe dont un extrait ponctue leur court-métrage. « 300 lésions me rappellent au ciel / Comme 300 légions de maudits poètes / Mais un seul nom comme unique espoir / Le tien ». A l’image de la dernière phrase de Dans ma chair, la route vers l’apaisement est semée d’embûches (« Allez, allez, rentrons chez nous… ») et le danger toujours au carrefour (« … Avant qu’on nous torde le cou »). 300 LESIONS sublime les fils ténus de l’existence et les affres des passions. La relation à deux y est disséquée de façon anatomique des frôlements de peau de Dans ma chair aux enchevêtrements libérateurs du tubesque Ce soir qui s’impose comme la chanson d’amour la plus singulière de l’album. Le constat est pessimiste mais l’espoir de changement vital. « A nous de tout refaire » proclament-ils sur Sad Day et en conclusion de Respire. Les Kyo ne sont pas des tueurs d’illusions. Contact est lui aussi un hymne au combat contre le remord : être maître de son destin quitte à aller « aussi loin qu’il le faut ». Là où l’on ne peut pas tricher.

Le groupe a eu l’intelligence d’évoluer selon ses envies profondes et ne se la joue ni rockers décadents, ni metalleux hardcore, ni chanteurs lisses de variété formatée. Ils creusent leur propre sillon sans se soucier de « l’assaut des regards ». En jouant la carte maîtresse de la sincérité et en repoussant les frontières absurdes de ceux qui aiment enfermer les artistes dans des cases préfabriquées où la nuance n’a pas droit de cité, les Kyo ont imprimé à cet album un son ouvert, fusion d’un sens inné de la mélodie et d’une écriture stylisée. Un son moderne, parfaitement ancré dans leur époque. Le son d’artistes polyvalents et touche à tout. L’album d’un des groupes les plus prometteurs de sa génération. Une génération créative et réactive, parfois lucide jusqu’au cynisme (Qui je suis), souvent passionnée jusqu’au désenchantement (Dans ma chair), et combative jusqu’à l’extrême (Respire). Dans le titre inédit offert pour l’album « 10 ans Ensemble », le combo nous exhorte : « Epargnez-moi les discours sur l’usure / Epargnez-moi l’érosion de nos habitudes / Moi, je lève mon verre à notre futur ».

Nico joue sur des guitares Lâg Roxanne et Lâg 666 Signature.